Une première garderie municipale au Québec
Avec René Mongrain, maire de Saint-Samuel
Saint-Samuel a innové, en 2005, en créant la première garderie municipale au Québec, la garderie les Trésors de Sam. Cette initiative, qui visait avant tout à augmenter le nombre de jeunes familles de façon à sécuriser l'école de village, a été couronnée de succès. La garderie affiche complet depuis son ouverture, une demande d'augmentation de places ayant déjà été présentée au ministère de la Famille. Au cours de la dernière année, la municipalité de 700 habitants du Centre-du-Québec a également accueilli cinq nouvelles constructions. Du jamais vu! À cela il faut maintenant ajouter le Prix Leadership municipal, remporté par la municipalité, le 29 septembre dernier, à l'occasion du congrès de la Fédération québécoise des municipalités, pour la mise en oeuvre d'un projet structurant ayant profité à l'ensemble de sa communauté. René Mongrain, maire de Saint-Samuel, a bien voulu discuter de son expérience avec Québec MUNICIPAL.
Entrevue réalisée par Dany Rousseau, rédacteur de Québec MUNICIPAL
| Québec MUNICIPAL |
Pourquoi votre municipalité est-elle allée de l'avant avec ce projet?
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| René Mongrain |
Le signal d'alarme est venu il y a trois ans, quand la commission scolaire a parlé de la possibilité d'implanter des triples niveaux à l'école primaire en raison de la diminution du nombre d'enfants. Cette éventualité apparaissait inacceptable à nos yeux et à ceux de nos citoyens. À terme, nous craignions même de voir un jour disparaître l'école du village. Nous nous sommes donc dits qu'il fallait faire quelque chose pour changer la tendance et c'est là que nous avons eu l'idée d'implanter une garderie municipale. |
| QM |
À ce moment, il n'y avait donc aucune garderie à Saint-Samuel?
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| RM |
Il n'y avait qu'une garderie en milieu familial, de 5 ou 6 places. Cela veut dire que la majorité des parents faisaient garder leurs enfants à l'extérieur, souvent en se rendant travailler. Nous sommes une municipalité qui ne compte aucune industrie, ce qui fait que de toute façon les gens doivent généralement se déplacer pour aller travailler. |
| QM |
Pourquoi est-ce si important que les enfants se fassent garder sur le territoire de votre municipalité?
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| RM |
C'est primordial pour se donner un milieu de vie de qualité. Les gens peuvent toujours faire certains accommodements, mais ça ne dure qu'un temps. Un jour ou l'autre, ils risquent fort d'en avoir assez de devoir composer avec des handicaps et d'aller vivre là où ils ont tous leurs services à proximité. |
| QM |
Quelles sont les premières démarches que vous avez entreprises?
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| RM |
Nous avons fait un sondage pour savoir le nombre d'enfants qui se trouvaient en milieu de garde. Ensuite, nous sommes allés voir du côté des Centres de la petite enfance (CPE). Ils se sont montrés intéressés jusqu'au moment où ils ont réalisé que notre projet allait faire en sorte d'introduire un nouveau partenaire dans le système : les municipalités. Après avoir essuyé un refus, nous n'avons pas eu d'autre choix que de nous tourner vers un projet de garderie privée. |
| QM |
La formule que vous avez retenue est donc celle d'une garderie privée?
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| RM |
Oui. Même si la municipalité fournit différents équipements et installations, la gestion est assurée par un organisme privé à but non lucratif, le Centre de services à la communauté. La garderie a été greffée à une bâtisse municipale qui était sous employée. Toute la communauté a participé au projet. Des corvées ont même été organisées. Aujourd'hui, elle est magnifiquement aménagée. Nous avons accordé un congé de loyer de deux ans au centre. Ainsi, nous donnons aux administrateurs le temps nécessaire pour mettre en place une gestion efficiente. |
| QM |
Combien la municipalité a-t-elle dû investir dans ce projet?
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| RM |
C'est un projet de 250 000 $ pour lequel nous avons toutefois reçu une subvention de 70 000 $ du ministère des Affaires municipales et des Régions. Nous avons également bénéficié d'une enveloppe de 35 000 $ dans le cadre du pacte rural, en plus d'un prêt de 45 000 $ de la caisse populaire de Daveluyville. |
| QM |
Comment les choses se sont-elles passées depuis l'ouverture de la garderie en août 2005?
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| RM |
Très bien. La demande est telle qu'il nous a fallu prévoir une liste d'attente dès l'ouverture. Nous avons même fait une requête au ministère de la Famille pour ajouter 8 places aux 21 que nous avons déjà. |
| QM |
L'implantation de la garderie municipale a donc eu un impact positif sur votre municipalité?
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| RM |
Très positif. Il y a eu cinq nouvelles constructions cette année. C'est un record! Je crois qu'on peut faire un lien entre ces constructions et la garderie, car ce sont en majorité des jeunes familles qui sont venues s'installer à Saint-Samuel. Il faut aussi dire que pour un village, c'est un vrai bonheur d'avoir de jeunes enfants. Ça apporte une toute nouvelle dynamique. |
| QM |
Que se passe-t-il avec l'école du village?
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| RM |
On n'entend plus parler de menaces de fermeture. Il faut dire que le nombre d'enfants est passé 48 à 58. |
| QM |
Est-ce vraiment le rôle d'une municipalité de s'impliquer dans le monde des garderies comme vous l'avez fait?
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| RM |
Parfois, oui. En ce moment, le problème des municipalités de moins de 1000 habitants, c'est qu'elles essaient d'aller se chercher des familles. Au bout du compte, elles ne font que se les voler. Ce n'est pas ça le problème. Le problème, c'est plutôt qu'elles ne sont pas capables de conserver celles qu'elles ont déjà. Pour moi, la clé c'est d'offrir une excellente qualité de vie aux citoyens et cela passe, entre autres, par une meilleure offre de services. |