La MRC du Rocher-Percé s'attaque au gaspillage des sacs en plastique
Avec Francis Dumont, responsable du développement touristique
La MRC du Rocher-Percé vient de réaliser une intéressante initiative qui a permis de réduire le nombre de sacs en plastique utilisés dans les épiceries de la région en leur substituant des sacs en coton réutilisables. Ce projet a connu un tel succès que même les marchés d'alimentation qui s'étaient d'abord montrés réfractaires à l'idée ont fini par suivre le mouvement. Pour en savoir plus, Québec MUNICIPAL s'est entretenu avec Francis Dumont, à la fois responsable des communications et du développement touristique à la MRC du Rocher-Percé, directeur de l'Office de tourisme et même président du conseil d'administration de l'Association touristique régionale (ATR) de la Gaspésie.
Entrevue réalisée par Dany Rousseau, rédacteur de Québec MUNICIPAL
| Québec MUNICIPAL |
Comment vous est venue l'idée de mettre sur pied un tel projet?
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| Francis Dumont |
Depuis quelques temps, on dirait que le gouvernement tient à ajouter l'étiquette développement durable à chaque nouvelle politique qu'il présente. La ministre du Tourisme, Françoise Gauthier, a, par exemple, présenté une politique dans laquelle elle a demandé aux intervenants du domaine de faire des efforts pour protéger l'environnement. À l'Office de tourisme de Rocher-Percé, nous avons décidé de la prendre aux mots et d'aller de l'avant avec cette initiative. |
| QM |
En quoi cela consiste-t-il?
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| FD |
Il s'agit de sacs en coton qui sont vendus au prix unitaire de 5 $ dans plusieurs épiceries. Ces sacs sont résistants, lavables et réutilisables. Ils remplacent les sacs de plastique blancs qui, en plus de polluer l'environnement, constituent un déplorable gaspillage de ressources.
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| QM |
Comment vous y êtes-vous pris pour réaliser ce projet?
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| FD |
En plus de l'Office de tourisme, le CLD, la SADC et la MRC du Rocher-Percé se sont impliqués en finançant 30 % des coûts du projet, soit un peu moins de 2000 $. Des entreprises privées ont accepté d'assumer la part manquante du financement. Comme il n'y a malheureusement aucun fournisseur sur le territoire de notre MRC, nous en avons trouvé un dans la MRC voisine de la Côte-de-Gaspé et nous lui avons demandé de fabriquer 2000 sacs en coton. |
| QM |
Avez-vous eu de la difficulté à convaincre des entreprises de vous aider?
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| FD |
Oui et non. Certaines épiceries ont tout de suite accepté de distribuer nos sacs. Une chaîne d'alimentation a cependant refusé. Ce qui est intéressant, c'est que les dirigeants de cette chaîne ont fini par changer d'idée quand ils ont vu le succès qu'a remporté notre initiative. Au lieu de nous demander de leur fournir nos sacs de coton, ils se sont mis à offrir les leurs. Pour nous, c'est tout aussi bon. Notre objectif n'a jamais été de réaliser des ventes massives de sacs.
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| QM |
Votre initiative est donc un succès?
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| FD |
Tout à fait. Nous avons commencé à vendre nos sacs en septembre dernier et ça n'a pas été long qu'on s'est mis à en voir partout. Les gens s'en servent non seulement pour transporter leur épicerie, mais aussi leurs autres achats ou encore leur lunch au travail. |
| QM |
Cela vous a aussi permis de créer un emploi?
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| FD |
Les profits réalisés nous permettent de maintenir un emploi toute l'année à l'Office du tourisme. Auparavant, cette personne ne travaillait que de mai à décembre. Ainsi, nous sommes en mesure de faire du développement touristique même en hiver. |
| QM |
Allez-vous donner suite au projet?
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| FD |
Nous avons complété une première phase de production et de distribution des sacs. Ce que nous nous sommes dits, c'est que si jamais un organisme environnemental comme le centre de tri, par exemple, souhaite prendre le relais, nous allons céder notre place de bonne grâce. Sinon, nous pourrions aussi décider de vendre des sacs aux touristes, l'été prochain.
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| QM |
Vous en feriez donc un outil de développement touristique?
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| FD |
Pourquoi pas? Les touristes utilisent aussi des sacs en plastique qu'ils rejettent dans la nature. Nous sommes déjà une destination touristique de renommée internationale. À mon avis, c'est une belle occasion de se donner une notoriété additionnelle en s'affichant comme une région verte. |
| QM |
Recommanderiez à d'autres municipalités ou MRC de faire pareil?
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| FD |
Sans hésiter. |
| QM |
Quel conseil leur donneriez-vous?
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| FD |
Pour moi, la clé du succès, c'est d'aller chercher un bon soutien du milieu, que ce soit auprès de la chambre de commerce, du CLD ou d'un organisme communautaire. De notre côté, ce qui a nous aidé, c'est que nous avons rattaché au projet l'idée de faire travailler quelqu'un tout l'hiver. Dans une région comme la nôtre où la situation de l'emploi est difficile, cela s'est avéré une approche gagnante. |