La famille : des mesures d'encouragement concrètes
Avec André Langevin, maire de Coaticook
Coaticook a mis en place une série de mesures innovatrices dans le but d'amener les jeunes familles à s'installer sur son territoire. Depuis 1988, elle offre, par exemple, une allocation financière directe pour chaque nouveau né. Et cela semble fonctionner, la Ville ayant vu sa population augmenter ces dernières années. Québec MUNICIPAL s'est entretenu avec André Langevin, un maire aux préoccupations familiales bien ancrées.
Entrevue réalisée par Dany Rousseau, rédacteur de Québec MUNICIPAL
| Québec MUNICIPAL |
Comment procédez-vous pour accorder des allocations aux familles?
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| André Langevin |
Notre politique familiale prévoit que nous donnons 300 $ au premier enfant d'une famille, puis 600 $ au second et 1000 $ au troisième et aux autres qui suivent. Si nous avons majoré notre aide à partir du troisième rejeton, c'est pour encourager les ménages à avoir plus de deux enfants. |
| QM |
Quelles sont les autres mesures offertes dans le cadre de votre politique familiale?
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| AL |
Il y en a plusieurs. En décembre, nous faisons tirer 15 montants de 1000 $ parmi les nouveaux nés et les membres des grosses familles (3 enfants et plus). Aussi, à ces familles nombreuses, nous offrons un remboursement de 50 % des coûts d'inscription aux activités sportives. De plus, nous avons vu à implanter des parcs dans les nouveaux secteurs qui se sont développés récemment. |
| QM |
Depuis quant votre ville offre-t-elle de telles mesures?
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| AL |
Cela a commencé en 1988, avec de modestes allocations de 100 $. |
| QM |
Était-ce votre idée?
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| AL |
Oui. En tant qu'ancien directeur de polyvalente, j'ai vu le nombre d'inscriptions diminuer de façon graduelle. Je me suis dit qu'il fallait faire quelque chose, si nous ne voulions pas faire face à un manque de relève en région. Aujourd'hui, tout le monde comprend cela. Mais, quand je suis arrivé avec cette proposition, en 1988, j'ai passé pour un illuminé. |
| QM |
Ces mesures ont-elles porté fruit?
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| AL |
Tout à fait. Contrairement à d'autres localités rurales qui voient le nombre de leurs citoyens diminuer sans cesse, notre population a augmenté ces dernières années. Évidemment, l'âge médian de notre population a quand même augmenté quelque peu, mais pas au même rythme que d'autres villes. |
| QM |
Est-ce bien aux municipalités d'intervenir de cette façon?
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| AL |
Le problème de la dénatalité est tellement grave qu'il appartient à tout le monde, autant aux paliers fédéral, provincial et municipal, de faire quelque chose. Il faut que les enfants redeviennent une priorité au Québec. |
| QM |
Que pensez-vous de la décision du gouvernement du Québec de couper les allocations aux nouveau-nés?
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| AL |
Je trouve cette décision un peu regrettable. À la place, le gouvernement a tout misé sur les garderies. Je n'ai rien contre les garderies, mais tous n'en profitent pas également. En ce moment, les personnes qui, par exemple, décident de prioriser la famille et de garder leurs enfants à la maison ne reçoivent aucune aide de l'État. |
| QM |
Combien vous coûtent les mesures que vous avez mises en place?
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| AL |
Il s'agit d'une dépense d'environ 130 000 $ par année. Cela vaut le coût, surtout que notre ville conserve un taux d'imposition très bas. |
| QM |
D'autres villes ont-elles manifesté de l'intérêt pour votre politique familiale?
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| AL |
Oui. Au cours des dernières années, une centaine de municipalités québécoises nous ont demandé de leur fournir une copie de notre politique. Plusieurs nous disent apprécier le fait que les mesures mises de l'avant sont concrètes. Ce ne sont pas que des voeux pieux, nous offrons des cadeaux en argent sonnant. |
| QM |
Dans l'éventualité où toutes les villes et municipalités adopteraient des mesures semblables aux vôtres, vous perdriez alors votre pouvoir d'attraction sur les jeunes familles. Quelle serait votre réaction?
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| AL |
Je serais très heureux que les autres villes nous emboîtent le pas. On parlerait alors beaucoup de la famille et des enfants et cela mettrait de la pression sur les autres paliers de gouvernement. |
| QM |
Et l'immigration, n'est-ce pas aussi une solution aux problèmes démographiques que connaît le Québec?
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| AL |
C'est surtout une solution à Montréal. En région, il n'y a pratiquement pas d'immigration. De plus, pour intégrer tous ces gens qui viennent d'ailleurs, je me dis qu'il faut aussi des Québécois, sinon nous risquons d'y perdre notre identité. |