Longueuil réalise un inventaire complet de ses infrastructures
Avec Pascale Fortin, ingénieure
Longueuil a innové en réalisant un inventaire et un diagnostic complets de ses chaussées, égouts et aqueducs. Cet ouvrage d'envergure, qui a valu à la Ville le Prix d'innovation technologique en infrastructures décerné par le ministère des Affaires municipales, a nécessité la prise de 120 000 photos et de 5000 enregistrements vidéo. Comment s'est déroulée la mise sur pied de cet inventaire? Quels avantages la Ville en tire-t-elle? Québec MUNICIPAL s'est entretenu avec Pascale Fortin, chef du service de la planification des infrastructures à la Ville de Longueuil.
Entrevue réalisée par Dany Rousseau, rédacteur de Québec MUNICIPAL
| Québec MUNICIPAL |
Comment cette idée d'inventaire a-t-elle vu le jour?
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| Pascale Fortin |
Quand Longueuil a fusionné avec sept autres villes, nous avons hérité d'un immense territoire à couvrir. Or, pour bien gérer, il y a un principe de base qui dit qu'il faut bien connaître. L'objectif de cet inventaire était donc de poser un diagnostic uniforme qui nous permettrait d'identifier les endroits où intervenir en priorité.
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| QM |
Quelles ont été les étapes de mise en oeuvre du projet?
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| PF |
La première étape, qui a certainement été la plus fastidieuse, a été la réalisation de l'inventaire proprement dit. Les anciennes villes disposaient toutes de plans d'ensemble. Dans certains cas, ces plans restaient schématiques et parfois ils n'étaient disponibles qu'en version papier. Ce que nous voulions, c'est un inventaire détaillé de nos 2500 km de réseaux d'égout, 1630 km d'aqueduc et 1690 kilomètres de chaussée. |
| PF |
Avez-vous fait appel à une entreprise privée pour vous aider?
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| PF |
Nous avons engagé à cet effet un consortium formé des entreprises Groupe S.M. et Dessau-Soprin. En collaboration avec les employés des travaux publics, celles-ci se sont chargées du travail terrain. À partir de l'information qui était déjà disponible, elles ont réalisé un premier inventaire, puis elles ont validé et complété le travail sur le terrain. |
| QM |
Quelle a été l'étape suivante?
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| PF |
Il a ensuite fallu numériser tous les renseignements obtenus. Ceux-ci sont maintenant disponibles pour 400 employés de la Ville de Longueuil. Les fonctionnaires y ont accès depuis leur poste de travail, par l'intermédiaire d'un réseau Intranet. Ils peuvent faire une recherche pour savoir, par exemple, si des bris ont déjà été signalés à une intersection donnée. Il peuvent aussi voir l'aqueduc, l'égout et la chaussée, et savoir l'âge de ces infrastructures ainsi que les matériaux dont elles sont composées. Notons toutefois que si nos employés ont accès à cet Intranet, ils ne peuvent toutefois entrer eux-mêmes de nouvelles informations dans le système.
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| QM |
Comment expliquez-vous cela?
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| PF |
Les membres de notre équipe de géomatique sont les seuls à pouvoir alimenter la base de données. Quand les gens des travaux publics réalisent une intervention à un endroit, ils en informent cette équipe qui, elle, voit à maintenir les informations à jour. Nous agissons de cette façon afin de nous assurer de conserver la qualité de notre base de données.
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| QM |
Pourquoi avez-vous fait prendre 120 000 photos et 5000 enregistrements vidéo?
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| PF |
Nous avons maintenant une photo pour chaque 15 mètre de chaussée. On peut avoir accès à toutes ces photos par l'intermédiaire de notre outil Intranet. Elles permettent de visualiser une section de route et d'en connaître l'état. On a aussi accès par le fait même à d'autres données connexes, comme l'implantation d'une borne fontaine, par exemple. Des caméras à téléobjectif ont aussi été descendues dans les regards d'égouts pour visualiser une partie des conduites. |
| QM |
Cet outil vous permet-il d'améliorer vos interventions?
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| PF |
En ayant accès à tout l'inventaire rapidement, sans avoir à fouiller dans de vieux plans archivés, nous sommes en mesure de prendre de meilleures décisions. De plus, nous avons aussi donné une cote aux réseaux d'aqueduc, d'égout et aux chaussées. Cette cote varie, entre autres, en fonction du type de matériau, de l'âge et des antécédents de bris. Pour cela, nous avons classé nos infrastructures souterraines dans différentes familles auxquelles sont associées des durées de vie potentielles. L'objectif visé est d'intervenir et de faire une véritable gestion intégrée.
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| QM |
Croyez-vous être ainsi en mesure de réaliser des économies?
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| PF |
Certainement. Nous avons tous déjà été témoins de cas aberrants où, par exemple, des employés municipaux sont obligés de creuser une chaussée qui vient tout juste d'être entièrement refaite, afin de réparer un bris d'aqueduc ou d'égout. Nous voulons éviter de telles situations en intervenant aux bons endroits et de la bonne manière. |
| QM |
S'agissait-il d'un important projet à coordonner?
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| PF |
Outre les travailleurs du consortium privé, environ 75 employés municipaux ont participé à ce projet au cours des deux années qu'il a fallu pour le réaliser. Les départements touchés comprennent, entre autres, la géomatique, le génie, le service des incendies, l'urbanisme et les travaux publics. Cela s'est très bien déroulé, car tous y ont vu l'occasion de développer un excellent outil de travail.
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